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Budget provincial pour 2018 – Mon intervention

Monsieur le Gouverneur,
Madame la Présidente,
Madame et Messieurs les Députés provinciaux,
Chers Collègues,

Nous sommes déjà arrivés au dernier budget de la mandature et c’est le moment où chacun fait le bilan des 5 années écoulées. C’est avec grand intérêt que j’ai écouté la Déclaration de Politique Générale et, comme chaque année, depuis que je ne suis plus tenu par une obligation « particratique », je vais voter positivement.

Même si je pense qu’un grand nombre d’évolutions seraient nécessaires quant au rôle des provinces, ce qui, au passage relève d’autres niveaux de pouvoir, nous ne pouvons que nous féliciter du travail de notre Députation provinciale, à laquelle j’associe toutes les personnes qui travaillent pour notre Province, et c’est sans hésitation que j’ose affirmer que le Brabant wallon constitue un exemple de gestion dont d’autres provinces et d’autres niveaux de pouvoir auraient intérêt à s’inspirer.

Tout ayant été dit par mes éminents collègues, je vais maintenant m’intéresser à l’avenir et, là, j’ai de sérieuses craintes… En effet, la suppression des provinces est devenue une option et il est possible que nous cessions d’exister, du moins politiquement, en 2024 et je reste persuadé que les réformes successives de l’Etat vont dans une direction sans issue.

D’autre part, même si elle s’est légèrement améliorée depuis le mois de juillet, la politique à long terme de la Région wallonne ne me convainc absolument pas et j’ai encore plus de doutes en ce qui concerne la Fédération Wallonie Bruxelles… En outre, si le vœu de la FGTB, qui souhaite une majorité PTB-PS-Ecolo, est exaucé, nous nous trouverons dans une situation particulièrement désastreuse à laquelle viendra s’ajouter un blocage institutionnel car nos Amis Flamands, et je les comprends, ne voudront pas être entraînés dans le gouffre par les choix hasardeux et irréalistes du sud du Pays.

Tant au niveau politique qu’au niveau économique et même sociologique, notre province est nettement plus proche du Vlaams Brabant que du reste de la Wallonie et je pense que les choix que nous devrons subir seront particulièrement pénalisants pour l’ensemble des citoyens du Brabant wallon.

Prenons par exemple le taux de l’additionnel au précompte immobilier qui, chez nous, se monte à 1150 alors qu’il s’échelonne de 1485 à 1980 dans les autres provinces. La disparition politique de notre institution entraînera automatiquement une harmonisation des taux dont la conséquence sera une augmentation de cet impôt qui pourra atteindre 72 %. Et, comme, à logement équivalent, le revenu cadastral est plus élevé en Brabant wallon, la charge sera, à la fois, lourde et inéquitable.

Nombre d’autres problématiques, comme le logement, les interactions avec Bruxelles et la Flandre, le développement économique ou, encore, la mobilité, se posent d’une manière différente dans notre province et, ne représentant que 10 % de la population wallonne, je crains que nous ne devions subir des décisions inadaptées.

En outre, les Brabançons sont majoritairement libéraux et, si la province disposait de plus d’autonomie, nous pourrions nous diriger dans une voie nettement plus pragmatique et performante.

En effet, notre pays, et en particulier la Wallonie, est paralysé par la place trop importante qu’occupent les pouvoirs publics et nous aurions tout intérêt libérer les initiatives en réduisant le rôle de l’Etat.

A ce niveau, notre province pourrait jouer un rôle précurseur et je vais, ici, prendre comme exemple la politique culturelle qui, au niveau de notre province, dispose d’un budget de 2 millions d’euros. Ainsi, au lieu de subsidier différents acteurs et organismes, nous pourrions mettre en place un système qui privilégie la liberté de choix et de création en combinant les modes de financements suivants : les partenariats privés, encouragés via un tax-shelter étendu, des commandes pour des événements culturels d’envergure et la distribution de chèques culture via les écoles et les communes. Ainsi, les activités culturelles ne seraient plus choisies par les pouvoirs publics mais répondraient aux désirs réels de nos concitoyens, tout en permettant une réduction conséquente du budget alloué découlant du fait que, de facto, l’argent public ne serait plus gaspillé pour des activités dont l’audience est infime… Ce qui permettra de réduire les taxes et, par voie de conséquence, d’augmenter le pouvoir d’achat et, donc, les sommes que les ménages pourront consacrer, en toute liberté, aux activités culturelles et récréatives.

En lieu et place de la construction de logements sociaux, ne serait-il pas préférable d’octroyer les moyens aux CPAS, préalablement convertis à une philosophie émancipatrice, via le plan de cohésion sociale, en leur demandant d’intégrer le logement dans le plan d’aide global des personnes et familles. Ainsi, chaque cas pourrait être individualisé et les possibilités d’action seraient, à la fois, plus étendues et plus performantes. De plus, on éviterait ainsi de maintenir des personnes dans un état d’assistanat dont il est difficile de sortir car le système de tarification a de nombreux effets pervers. Et il est plus que probable qu’on atteigne la même efficacité avec un budget nettement moindre.

Notre province dépense également un budget conséquent pour la mobilité et le fait que les routes soient devenues de compétence régionale génère non seulement des problèmes de cohérence mais également et très certainement des surcoûts important. Ici aussi, la gestion intégrale de la mobilité par la province, comme par le passé, permettrait de mieux gérer cette matière en veillant à ce que tous les types de transports, en ce compris les déplacements en voiture individuelle, puissent se développer de manière harmonieuse. Là aussi, en lieu et place d’une politique de contrainte, on pourrait opter pour le choix de la liberté et, cerise sur le gâteau, des économies seraient possibles grâce à la suppression des doubles emplois inhérents à la séparation de cette compétence entre les Provinces et la Région.

Comme vous l’aurez certainement compris, je pense que l’emprise de l’état est trop importante dans notre Pays et j’estime qu’il y a lieu réduire drastiquement les champs d’action, et les moyens financiers, des pouvoirs publics, tout en veillant à ce que les services réellement utiles disposent de moyens suffisants. N’oublions jamais que c’est nous, contribuables, qui finançons le train de vie des pouvoirs publics et, de ce fait, une réduction du rôle de l’Etat permettra de diminuer à due concurrence la charge qui pèse sur nos concitoyens… Donc, moins les pouvoirs publics auront de l’importance, plus les citoyens disposeront de moyens qu’ils pourront utiliser Librement !


Conseil provincial du 30 novembre 2017 – Intervention de Vincent Granville (Alliance Démocrate)

 
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