Home Conseil Provincial - Brabant Wallon Intervention relative au budget de la Province
formats

Intervention relative au budget de la Province

Conseil Provincial du 26 novembre 2015 – Mon intervention dans le cadre de la discussion sur le Budget

 

Monsieur le Gouverneur,
Madame la Présidente,
Madame et Messieurs les Députés provinciaux,
Chers Collègues,

L’examen de la Déclaration de Politique Générale et du Budget, qui la matérialise, est, sans doute, un des moments les plus importants de la vie politique provinciale.

Ayant décidé de siéger comme indépendant depuis le mois de mai de cette année, j’ai la grande opportunité d’examiner la situation de manière Libre, sans devoir me soumettre à des considérations découlant d’une stratégie politique décidée au nom d’un Parti et qui, trop souvent, mène à approuver quand on est dans la majorité et à voter contre lorsqu’on se situe dans l’opposition.

Ici, donc, je m’attacherai donc aux faits que je m’efforcerai d’examiner de la manière la plus objective possible, en évitant toutes idées préconçues.

Nous sommes à mi mandature et, au cours de ces trois années, j’ai pu constater que la Déclaration de Politique Générale que nous venons d’entendre n’était pas que des mots… En effet, peu à peu, je me suis rendu compte que, au travers de l’action journalière de ses membres, la Députation provinciale mettait réellement en pratique les idées qu’elle vient, une nouvelle fois, de nous exposer.

Ainsi, j’apprécie tout particulièrement cet équilibre entre les considérations économiques et la volonté de mener une politique sociale, car, au lieu de s’opposer, l’économie et le social se complètent… En effet, d’une part, sans une économie prospère, il est impossible de financer des avancées sociales et, d’autre part, ce sont les progrès sociaux qui, dans une Démocratie, donnent sens à la prospérité économique.

Critiquer est facile mais, à mes yeux, cela n’a de sens que si la critique est accompagnée de suggestions réalistes et réalisables. Un budget est un tout et augmenter une dépense nécessite automatiquement une compensation… Et c’est pour cette raison que je me contenterai de pointer ce que j’appellerais des « occasions manquées » en suggérant à notre Députation provinciale d’y réfléchir en vue des prochaines années.

Tout d’abord, je tiens à souligner le sérieux du travail de la Députation et des agents provinciaux et je tiens à les remercier pour leur implication au profit de tous nos concitoyens. Je tiens tout particulièrement à souligner deux points qui me semblent révélateurs d’une politique responsable en matière de finances publiques.

D’une part, j’ai apprécié le fait que la majorité se soucie de l’avenir en se rendant compte qu’il y a lieu de veiller à pouvoir faire face aux échéances des emprunts, tant avant qu’après la fin de cette mandature, tout en permettant de maintenir une taxation raisonnable et des services à la population de qualité. Je suis particulièrement satisfait que nous ayons décidé de recourir à une consultance externe et j’espère sincèrement que nous trouverons les experts qui nous aideront à établir une stratégie financière réaliste et ambitieuse.

D’autre part, je suis rassuré par le fait que nous continuions à surestimer les dépenses et sous-estimer les recettes car cela met nos finances provinciales à l’abri de divers aléas qui, si on avait choisi une autre voie, nous mèneraient inévitablement vers des difficultés financières qui entraîneraient inexorablement des baisses de la qualité des services et des hausses d’impôts… J’exhorte donc notre Députation provinciale à continuer sur cette voie, notamment au niveau de la budgétisation des rémunérations et je me permettrai même d’être un peu provocateur en disant que j’espère que, jamais, elle ne se laissera influencer par l’agent vert qui est aussi destructeur au niveau des finances publiques que ne le fut l’agent orange pour la végétation et la population au Vietnam.

Je tiens également à souligner deux point qui, même si les budgets alloués sont peu importants, constituent une preuve qu’il y a une volonté de mener une politique à la fois créative et réaliste qui, cas trop rare dans notre Wallonie, ose se détacher du conservatisme ambiant et envisager l’avenir.

Il en va ainsi des décisions que nous avons prises en octobre au sujet d’Hélécine et que nous retrouvons matérialisées dans ce budget 2016. Au lieu d’opter pour une solution traditionnelle, qui, j’en suis persuadé, n’aurait pas permis de développer notre site, la Province a osé faire confiance à des nouvelles entreprises, ce qui, outre le fait de donner un signal positif à tous ceux qui entreprennent, nous permettra de nous différencier et je suis intimement persuadé que cette stratégie est gagnante.

Le deuxième exemple est constitué par le budget affecté à « Africa Rise »… Je ne puis que féliciter notre Députation provinciale pour cette initiative car je suis persuadé que, contrairement à ce pourraient en penser certains, elle ouvrira des perspectives à nos entreprises, en ce compris aux plus petites d’entre-elles… J’en suis d’autant plus persuadé que, à titre personnel, ce sont les contrats que j’ai eus avec l’Angola qui ont permis de faire décoller ma petite TPE… En outre, nous ne devons jamais oublier que la prospérité de notre Pays provient en grande partie du Congo et que, en dehors de l’Europe, le peuple Congolais est sans doute celui qui nous est le plus proche tant historiquement qu’affectivement.

Je n’ai cependant pas compris pourquoi on avait maintenu un budget de 300.000 € pour accorder des subsides aux citoyens qui achètent des vélos électriques… Cette mesure, qui peut paraître sympathique, constitue un mauvais signal dans le sens où elle restreint la liberté qu’a le citoyen de disposer de son argent. En effet, in fine, ces 300.000 € proviennent, via les taxes et impôts, d’un prélèvement sur les revenus et, de ce fait, nous nous trouvons dans une situation où les pouvoirs publics décident de la manière dont le citoyen doit utiliser son argent, ce qui est à l’antipode du libéralisme et de la Liberté tout court. Je peux comprendre, et approuver, le fait qu’on pratique de la sorte pour des dépenses essentielles comme les assurances sociales mais pas pour des objets tels que des vélos qui, eux, ne répondent à aucun impératif social.

Au niveau des points liés au budget du Conseil provincial, je trouve qu’on manque également une occasion qui permettrait, à mon avis, de donner un signal permettant de donner un nouveau souffle, citoyen, à la politique.

Pour que les choses soient claires et que mes propos ne soient pas mal interprétés, je tiens à rappeler qu’il est indispensable que les personnes actives en politique puissent disposer de moyens suffisants pour vivre et exercer leur charge, faute de quoi seuls les personnes fortunées ou représentant des lobbies auront accès aux mandats, ce qui, convenons-en, est la fin de la Démocratie.

Je trouve néanmoins que la particratie a pris trop d’importance dans notre Pays, tout comme, d’ailleurs, dans un certain nombre de Pays voisins, et que nous pourrions donner un signal fort qui, j’en suis certain, constituerait un exemple pour une nouvelle politique. Au lieu d’affecter un budget conséquent aux groupes politiques, 458.689 €, nous aurions pu répartir ce montant entre les conseillers, qui, alors, auraient pu librement se grouper pour financer les services dont ils ont besoin… Ce qui, j’en suis certain, amènerait sans doute certains membres de l’opposition à approuver le budget présenté par la majorité !

En conclusion, je suis d’accord à 98 % avec la Déclaration et le Budget et, comme Madame la Présidente ne me permettra pas de donner 0.98 voix pour et 0.02 voix contre, j’arrondirai mon vote et voterai en faveur de ce budget 2016.

 

 
 Share on Facebook Share on Twitter Share on Reddit Share on LinkedIn
© Vincent Granville - Tous droits réservés
credit