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Arrêt de ma participation à l’action des FDF

Publié le 22 mai 2015 par dans Communiqués

Copie du courriel envoyé ce jour aux FDF :

Monsieur le Président,
Cher Olivier,

En novembre 2011, après la scission MR/FDF, j’ai décidé de rejoindre le parti car j’estimais qu’il pouvait constituer une force de renouveau en Wallonie, capable de proposer à nos concitoyens une alternative réaliste et crédible afin de sortir la région, et le Pays, du marasme dans lequel il se trouvait. Dès le premier contact, j’ai, d’ailleurs, exposé mes idées et motivations et ai fourni, par écrit, l’ensemble des points que je souhaitais défendre.

Par la suite, je n’ai cessé de fournir des réflexions, ainsi que des études diverses, et je n’ai pas hésité à financer personnellement une grande partie de la campagne en Brabant wallon, tant en 2012 qu’en 2014. J’ai, également, participé activement aux diverses instances, comme l’Intergroupe Parlementaire et le Bureau, en essayant à chaque fois de faire passer des idées et des projets.

Peu à peu, je me suis rendu compte que les rigidités étaient nettement plus importantes que je ne le pensais et, pour illustrer mon propos, je me cantonnerai à évoquer un exemple qui me semble révélateur à ce niveau. En avril 2012, j’ai communiqué au Parti, un document de 60 pages dans lequel je formulais 20 propositions économiques, ainsi que leur justification, document suivi par la suite du résultat d’une enquête qui comportait 500 réponses de citoyens, mais, visiblement, et malgré mon insistance, peu de personnes se sont données la peine de lire ces documents. Parallèlement, le parti a décidé, en juin 2012, de constituer des Groupes de Travail chargés de définir le programme en vue des scrutins de 2014 et a invité les membres à les rejoindre, ce que j’ai, bien entendu, fait en ce qui concerne le GT Economie. Alors que je m’attendais à ce que ces GT se mettent rapidement au travail, il a fallu attendre, en ce qui concerne le GT Economie, jusqu’en septembre 2013 pour que la première réunion soit organisée, sans doute suite à mon insistance (chaque lundi, je le rappelais), réunion à laquelle le président du GT n’était même pas présent. Par la suite, il y a encore eu deux réunions du GT qui, dans les faits, n’ont eu que peu d’incidence sur le programme publié. Et la situation aurait été similaire, voire pire, dans les autres GT.

Le Libéralisme Social est, certes, une voie d’avenir mais je doute que cela aille nettement plus loin que des beaux mots, tout comme cela a été le cas jadis pour un autre parti qui s’en était également réclamé. Qui plus est, le maintien du positionnement sur la défense des francophones, ou plutôt de l’utilisation de la langue française, a eu pour effet d’éclipser les autres matières qui auraient permis de créer une véritable force politique de renouveau, tant pour la Wallonie que pour Bruxelles.

Lors des réunions, j’ai également pu observer et analyser les motivations des divers intervenants et j’ai pu me rendre compte que les objectifs poursuivis s’éloignaient parfois fortement de ce que nos concitoyens sont, de mon point de vue, en droit d’attendre des politiques.

En ce qui concerne plus particulièrement la Wallonie, j’ai eu la désagréable surprise de constater que les dissensions prenaient trop souvent le pas sur la volonté de construire une alternative crédible, et je constate avec désolation que, selon ce que je peux voir et entendre, cela n’ira certainement pas en s’améliorant. A titre personnel, je pense que cette situation est, du moins en partie, générée par la très faible implication des Wallons dans le cadre de la réalisation du programme du parti.

Nonobstant la volonté, déclarée, de s’investir en Wallonie, j’ai le sentiment que les FDF sont restés exclusivement Bruxellois, tant au niveau du leadership réel que du programme. Certains éléments sont, à cet effet, particulièrement révélateurs :
- Dans le courrier qui accompagne l’envoi des cartes de membres 2015, les deux phrases suivantes sont mises en évidence : « N’hésitez pas à nous signaler toute atteinte aux droits de Francophones ou au statut de la langue française. A chaque fois, nous intervenons ». Ces phrases, combinées au fait qu’aucun autre point de programme n’est abordé montre bien que l’action du parti est, encore et toujours, focalisée sur la défense de l’emploi de la langue française.
- La page du site internet intitulée « Pourquoi être FDF en Wallonie » qui, au passage, semble encore dater de 2008, définit, si on résume, le parti comme étant la réponse au nationalisme flamand mais, à part la notion de « bonne gouvernance », aucun projet n’est présenté pour les Wallons. Je peux comprendre que la résistance à un certain nationalisme flamand puisse avoir un sens à Bruxelles et dans sa périphérie mais cette définition, négative, n’est pas de nature à pouvoir motiver les citoyens wallons.

Afin de remédier à ces inconvénients, qui me semblent majeurs, j’avais, dans le cadre de la récente modification des statuts, effectué un certain nombre de suggestions visant notamment à donner aux FDF Wallons une autonomie suffisante pour pouvoir espérer bâtir l’alternative que nos concitoyens appellent de leurs vœux, mais force est de constater que la Direction du Parti et le Conseil Général ont pris une tout autre voie.

Ainsi, aucune réelle autonomie n’a été conférée à la direction wallonne et cela a été jusqu’à nommer les collaborateurs attachés au bureau namurois avant l’élection du président wallon. Au niveau budgétaire, la direction wallonne n’a obtenu aucun pouvoir et il est plus que probable que, dans les faits, il en soit de même au niveau programmatique et organisationnel. Cela m’apparaît flagrant à un point tel que j’ai parfois le sentiment que la Wallonie est considérée comme une colonie dans laquelle on ne va pas, certes, chercher des minerais, de l’ivoire ou des bois précieux mais bien un supplément de dotation publique.

A cela vient s’ajouter le fait que, depuis la participation à l’exécutif bruxellois, des considérations matérielles me semblent avoir pris l’avantage sur la vision politique et j’ai trouvé particulièrement dommage que des propositions économiques, provenant du programme fédéral, telles que la diminution unilatérale des cotisations sociales, n’aient pas été défendues et que le programme de l’exécutif bruxellois perpétue le système actuel… Dommage également que la réaction du parti ait été aussi timide vis-à-vis des députés PS (visiblement rejoints par un député CdH, échevin à Molenbeek) qui ont adopté une attitude négationniste alors qu’on aurait pu s’attendre à un positionnement aussi virulent que celui manifesté par les mandataires FDF vis-à-vis de Jan Jambon et Théo Francken.

La participation au Gouvernement bruxellois a certainement apporté un certain nombre d’avantages au parti mais il faut oser prendre des risques si les principes fondamentaux qui motivent l’action politique sont en jeu. Je peux, bien entendu, comprendre que certains voient dans la politique une manière de construire une carrière et les nombreux emplois d’attachés sont vraisemblablement de nature à les attirer et à les motiver mais cette considération ne doit pas influer sur les décisions politiques. En ce qui me concerne, le carriérisme politique n’a jamais été mon optique et ne le sera jamais.

En effet, en me lançant en politique, je pensais contribuer à la création d’une alternative politique réaliste qui tienne enfin compte de l’intérêt de nos concitoyens mais je dois avouer que je suis particulièrement déçu par les FDF : le parti a raté cette occasion et est, d’une certaine manière, devenu, en nettement plus petit pour ce qui concerne la Wallonie, un clone des partis dits traditionnels.

En vertu de quoi je n’ai d’autre solution que de siéger au Conseil provincial du Brabant wallon en tant qu’indépendant et de ne plus participer à l’action des FDF, tant en qualité de membre que de mandataire. Cette décision est, bien entendu, irrévocable.

En vous souhaitant bonne réception du présent courriel, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, Cher Olivier, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Vincent Granville.

 
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