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Intervention relative au budget de la Province

Conseil Provincial du 27 novembre 2014 – Mon intervention dans le cadre de la discussion sur le Budget

Madame la Présidente,
Monsieur le Gouverneur,
Madame et Messieurs les Députés Provinciaux,
Chers Collègues,

Le budget constitue, avec la déclaration de politique générale, un des fondements de l’action qui sera menée par la province au cours de l’année et je tiens à commencer mon intervention par une note positive : au cours des exercices précédents, nous avons eu l’occasion de constater que les recettes avaient été sous-estimées et les dépenses surestimées. Contrairement à mes collègues Ecolo, je pense que cette manière prudente d’élaborer un budget est une règle à suivre car elle est la base indispensable sans laquelle on ne peut parler de « bonne gestion ».

Ceci dit, j’ai tout de même des craintes dans le sens où je me demande si nos députés provinciaux ne se sont pas laissés influencer par cette tendance à vouloir calculer au plus juste au point de se retrouver dans une impasse lorsque surgit le premier imprévu.

J’en veux pour preuve le budget affecté à l’entretien des routes provinciales, devenues régionales, qui, pour ce nouvel exercice, a été purement et simplement supprimé. Or, le passé récent nous a prouvé que nous ne pouvons être certains que la région va faire face à ses obligations en la matière et il est probable que la province doive encore suppléer à cette carence. Dans ce cas, probable, nous nous trouverions face à une augmentation des dépenses de l’ordre de 2 millions d’euros.

Les nombreux déménagements et constructions ou aménagements de nouveaux locaux, tant pour l’administration provinciale que pour des instituts d’enseignement constituent également une source d’incertitudes au niveau du budget. En effet, il est fréquent que, en ce domaine, les budgets prévus soient dépassés et j’espère que notre direction provinciale aura effectué des estimations plus correctes que celles qui ont été faites pour les gares « Calatrava »… Car, quand on additionne toutes les sommes affectées à cette thématique, on dépasse allégrement les 5 millions d’euros. En outre, il y aura lieu de vérifier si l’investissement à été opportun et donc si les changements de locaux auront pour effet de diminuer les coûts, dont le chauffage, ou augmenter l’efficacité de nos services car, en toute logique, cela devrait être le but recherché.

La situation économique et sociale générale, même si elle n’impacte pas directement le budget de la province, aura, selon toute vraisemblance, un impact conséquent. En effet, l’exclusion, en 2015, d’un grand nombre de chômeurs aura des effets tant au niveau des communes et CPAS que des commerçants qui, eux aussi, risquent de pâtir des difficultés rencontrées par une partie de notre population. Il en ira de même pour les charges et restrictions, de plus en plus importantes, qui frapperont les petites entreprises et la population. Même si les communes sont en première ligne, ce dont le Président de l’Union des Villes et Communes est conscient, il est plus que probable que la Province soit sollicitée et, sauf erreur de ma part, je n’ai vu aucun crédit à cet effet dans le budget, même à titre facultatif.

Bien que l’effet ne risque pas de se faire sentir dans le cadre de la mandature actuelle, les emprunts venant à échéance à partir de 2021 constituent un risque si les taux d’intérêts augmentent et il y aurait lieu de constituer dès maintenant une réserve, ou d’élaborer une stratégie, afin de pouvoir faire face à la situation si elle se présente, ce qui est probable, faute de quoi la province devra faire face à des coûts supplémentaires. A ce titre, je ne peux qu’inviter les membres du Conseil et du Collège à lire les différents écrits de nos économistes et plus particulièrement ceux de Bruno Colmant.

Un paradoxe a également attiré mon attention : alors que l’ensemble des pouvoirs publics procèdent à une réduction de leur personnel, notre province, elle, continue à engager comme l’atteste l’augmentation du budget concerné. De manière concomitante, le budget relatif aux frais de recrutement montre une croissance fulgurante. Même si je n’ai pas de critique à l’encontre de cette politique, j’espère que ces engagements ont été mûrement réfléchis et seront à l’origine d’une plus-value pour notre Province.

Toutes ces considérations me font dire qu’il est heureux et souhaitable que les recettes soient fortement sous-estimées et les dépenses surestimées, faute de quoi nous risquons de devoir faire face à des modifications budgétaires qui mettront l’équilibre financier en péril et augmenteront inexorablement les charges pour les citoyens.

Ceci dit, le budget qui nous est présenté aujourd’hui est fort conservateur, voire même traditionnaliste, dans le sens où il va dans la lignée de ce qui s’est toujours fait dans nos différentes provinces. Et pourtant, personne ne niera que notre situation économique et sociale a fortement changé et, à bien des égards, s’est dégradée. D’ailleurs, nos concitoyens en sont conscients et une étude publiée cette semaine montre qu’ils n’ont plus confiance en nous ce qui devrait tous nous interpeller. Un budget en phase avec la situation et dont l’objectif final serait la préservation de leur bien-être aurait pu rassurer les citoyens du Brabant wallon mais cela nécessiterait de remettre l’ensemble du fonctionnement de la province, et des droits acquis, sur le métier afin de concentrer les efforts sur l’intérêt de nos concitoyens.

Ainsi, nous devrions examiner, pour chaque dépense l’opportunité de cette dernière et voir ce qu’elle apporte, directement ou indirectement, en ayant, parfois, le courage d’en supprimer certaines pour libérer des moyens pour de nouvelles politiques. Nous devons également penser dans l’intérêt de nos concitoyens, ainsi que des entreprises et associations qui les font vivre, en veillant, dans la mesure de nos attributions, à ce qu’ils puissent bénéficier d’un cadre favorable à leur développement. A titre d’exemples, fallait-il vraiment subsidier l’acquisition de vélos électriques, effectuer d’importants travaux immobiliers ou encore subsidier de manière importante certains organismes et associations ?

Mon propos n’est pas de dire que ces dépenses sont inopportunes, bien au contraire, mais bien d’en voir le rapport coût/bénéfice en se plaçant dans l’optique du citoyen brabançon afin de pouvoir allouer au mieux les moyens que nous ont confiés nos électeurs. Car, ne l’oublions pas, nous avons pour devoir de veiller aux intérêts des habitants de la province en tenant compte du fait que, au travers de ce budget, c’est leur argent que nous gérons.

Ne devrions-nous pas libérer des fonds pour dynamiser encore plus nos commerces, entreprises et associations et prévoir un matelas qui permette de venir en aide à celles et ceux, qui, de plus en plus nombreux, vont se trouver en situation de précarité tout en veillant à préserver l’équilibre budgétaire, sans systématiquement recourir à l’emprunt ? Il en va de notre avenir et de celui de nos enfants !

En conclusion, je souhaite terminer par une touche positive en demandant à notre Députation provinciale d’oser abandonner les vieilles habitudes et le conservatisme qui ont tant pénalisé notre Wallonie et de repenser, à l’avenir, les budgets afin que leur objectif soit de dynamiser nos entreprises et associations, dans un esprit de liberté, et de veiller au bien-être de nos concitoyens en ayant une attention toute particulière pour celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Vincent Granville.

 

 
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