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Notre mode de financement de la Sécurité Sociale finira par la détruire…

Publié le 13 octobre 2014 par dans Communiqués

Une des plus belles réalisations des Pays Européens est leur système de Sécurité Sociale, un système unique au monde dont l’objectif principal est de protéger toutes les personnes, et plus particulièrement les plus faibles, contre les aléas de la vie…

Or, depuis quelques années, notre beau système est menacé de toutes parts et ses besoins en financement mettent en péril nos entreprises, ce qui a pour effet de générer un cercle vicieux qui détruira, à la fois, notre économie et notre protection sociale !

Cette catastrophe n’est toutefois pas inéluctable… Mais il y a lieu de prendre, d’urgence, les mesures systémiques qui s’imposent !

Contrairement à ce que d’aucuns essayent de nous faire croire, le problème n’est pas budgétaire mais bien structurel et les mesures prises actuellement sont inutiles et même contre-productives…

Notre système, et son financement, ont, en effet, été mis en place au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale et nos dirigeants de l’époque s’étaient basés sur la situation telle qu’elle existait au début du 20e siècle, avec, bien entendu, quelques petits correctifs pour tenir compte de l’évolution…

A cette époque, nous vivions dans une économie protégée par des barrières douanières et l’essentiel de l’activité se situait en Europe et aux Etats-Unis…

Techniquement, les moyens de transport n’étaient pas aussi développés qu’à notre époque et, de ce fait, les distances étaient nettement plus difficiles à franchir… En 1950, par exemple, se rendre au Brésil était une expédition aussi rare que coûteuse et peu accessible alors que, de nos jours, il suffit d’acheter un billet d’avion et de partir un ou deux jours plus tard…

L’informatique, à l’état embryonnaire, n’existait, elle, que dans des cercles restreints et ses possibilités étaient fort limitées… Il en allait de même pour la téléphonie internationale qui, dans les faits, ne concernait que quelques privilégiés…

Tout ceci pour dire que, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, l’économie pouvait se développer en étant à l’abri d’une concurrence venant de l’extérieur… A l’époque, pour autant qu’on ait coordonné les politiques avec les voisins directs, on avait une grande liberté et cela ne posait absolument aucun problème d’augmenter le coût du travail en faisant supporter le financement de la Sécurité Sociale aux employeurs !

Cette situation n’a plus du tout cours de nos jours… Se rendre à l’étranger, ou importer des produits en provenance des quatre coins du monde, est d’une facilité déconcertante… Les communications téléphoniques et informatiques sont immédiates et peu coûteuses grâce au développement d’internet… Et, pour corser le tout, l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) nous a fait accepter des règles qui permettent une libre circulation des services et marchandises…

Notre économie, autrefois protégée de la concurrence extérieure, doit maintenant faire face à l’arrivée de productions émanant de pays dans lesquels les coûts sont notablement plus faibles car, dans ces derniers, il n’existe aucune Sécurité Sociale et, par conséquent, aucun coût de ce type pour les employeurs.

Qui plus est, la politique d’Euro fort, chère à Madame Merkel, accentue encore notre désavantage concurrentiel face à ces pays qui, souvent, à l’instar de la Chine, pratiquent une politique de dévaluation compétitive.

Ainsi, on se trouve directement en concurrence, non protégée, avec des pays dont le coût salarial mensuel avoisine les 150 € (Vietnam, Madagascar, …)… Et, on doit, nous, se battre avec un coût, pour un travail identique, de 3000 € par mois, dont moins de 1400 € reviennent au travailleur !

Avec notre système actuel de financement de la Sécurité Sociale, on se retrouve dans une situation impossible et nos entreprises fermeront les unes après les autres ou délocaliseront leur production…

Il est donc, dans l’intérêt de notre merveilleux système de Sécurité Sociale, des entreprises et de tous les travailleurs, de changer son mode de financement afin de réduire cette différence de coûts, tout en maintenant, à la fois, la protection sociale et le pouvoir d’achat des travailleurs.

Pour y arriver, il n’existe, en fait, qu’une seule solution : faire porter le coût de notre Sécu sur la consommation, ce que certains appellent TVA sociale, les revenus d’intérêts et diverses taxes visant les activités polluantes ou utilisatrices de ressources naturelles épuisables… Cela est possible et la réduction de coût salarial obtenue (dans notre exemple, le coût serait réduit de moitié, à 1500 € par mois) redonnerait à nos entreprises un avantage concurrentiel, l’écart avec les pays à bas coût étant comblé par une proximité, une diminution des frais de transport et une productivité plus importante !

Vincent Granville

 
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