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De plus en plus de personnes ne trouvent pas de travail… Pourquoi ?

Publié le 28 octobre 2014 par dans Communiqués

A cette problématique, d’aucuns ont une réponse simple et brutale et rejettent la faute sur les chômeurs… Pour eux, il y a du travail et ceux qui n’en trouvent pas sont fautifs et doivent, par conséquent, être sanctionnés. Les tenants de cette thèse sont donc partisans de contrôles accrus, de limitation des allocations dans le temps et d’obligations diverses pour les chômeurs comme le fait de devoir effectuer des corvées diverses…

Cette vision, et les mesures qui en découlent, qui stigmatise les chômeurs et les place au rang de citoyens avec des droits réduits, est humainement peu acceptable et économiquement contre-productive. En agissant de la sorte, ils démotivent totalement une partie de la population et mettent dans une situation de précarité permanente une grande partie de la population avec les effets que cela a, tant sur le moral des personnes concernées que sur la confiance dans l’avenir que leurs familles peut avoir.

Ces mesures sont d’autant plus vaines et inutiles que ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables de la situation mais bien les bases sur lesquelles notre économie est organisée. Le problème vient, en effet, de divers facteurs dont un des principaux est la manière dont la Sécurité Sociale est financée.

Avant toute autre chose, nous tenons à signaler qu’il est hautement souhaitable de conserver et même d’améliorer la protection sociale de tous les citoyens… Il serait cependant urgent de financer autrement cette dernière !

En effet, à l’heure actuelle, la Sécurité Sociale est, en Belgique, essentiellement financée par des cotisations portant sur les revenus du travail, ce qui a pour conséquence d’alourdir considérablement la charge des entreprises et de maintenir les salaires nets à un niveau tellement modique que beaucoup de personnes, qui, pourtant, travaillent, ne disposent pas d’un revenu leur permettant de vivre décemment !

Prenons, à titre d’exemple, une personne isolée qui touche un revenu net mensuel, relativement modeste, de 1.350 €. Quand on ajoute le précompte retenu et les cotisations sociales, on arrive à un coût mensuel pour l’employeur de 2.600 €, qu’il faut multiplier par 13.84, ce qui donne 35.984 € par an. A ce montant, il faudra encore ajouter l’Assurance-Loi et divers frais administratifs, ce qui aura pour effet de monter l’addition à 40.000 € par an.

En tenant compte du fait que, vu les congés, une personne ne travaille que 11 mois par an, on a ainsi un coût mensuel réel pour l’employeur de 3.636 €. En transposant cela en tarif horaire, et en postulant 120 heures facturables par mois, on en arrive à un coût salarial de 30.30 € par heure auquel il faut ajouter les frais de locaux, de matériel, … Voila, au passage, la raison pour laquelle la moindre prestation vous est facturée un minimum de 50 € TVAC par heure !

A cela, il faut encore ajouter le fait que, en cas de maladie de la personne, la charge retombe souvent sur l’entreprise et non sur le budget de la Sécurité Sociale… Peu de gens le savent mais les entreprises sont tenues de supporter, sans aucune intervention de l’Etat, la charge totale, cotisations sociales incluses, pour les premiers 60 jours de chaque maladie donnant lieu à un congé. L’entreprise a donc, pour ce qui concerne notre exemple et dans le pire des cas, une charge de 7.272 €, qui peut, en outre, se présenter plusieurs fois.

La différence entre le net touché et le coût est important à ce niveau modique de salaire et cette différence va en s’accentuant fortement dès que la rémunération monte, ne fût-ce que de peu.

Voila donc une raison pour laquelle de nombreuses entreprises délocalisent et d’autres hésitent tellement avant d’engager le personnel qui serait, pourtant, si nécessaire à leur expansion. Les TPE, qui constituent la grande partie des forces vives de notre économie ont peur d’engager car, pour faire face aux coûts, il faut déjà que le nouveau collaborateur apporte un chiffre important, et ce, depuis le début de son engagement… En outre, depuis peu, notre législateur fédéral a encore mis plus de pression sur les entreprises (une grande majorité compte moins de 3 personnes) en rendant leurs gérants personnellement responsables du paiement des cotisations sociales et impôts.

Avec cet éclairage, on comprend facilement que tant les personnes sans emploi que les entreprises, et plus particulièrement les plus petites d’entre-elles, sont les victimes d’un système de financement de la Sécurité Sociale qui était peut-être adapté au début du 20e siècle mais qui ne l’est absolument plus actuellement.

Il existe pourtant des solutions de financement alternatif de la Sécurité Sociale et de l’Etat qui permettraient, à la fois, d’augmenter le salaire net tout en diminuant drastiquement le coût pour les employeurs. Ce changement serait, en outre, hautement souhaitable dans le sens où l’augmentation du salaire net dynamiserait la consommation et la diminution drastique du coût améliorerait notre position concurrentielle et rendrait de nombreuses activités, à nouveau, rentables avec l’effet conséquent que cela aurait sur la diminution du chômage.

Ces solutions consistent à faire porter la charge de la Sécurité Sociale, d’une part, sur la consommation, via une hausse modique de la TVA et, d’autre part, sur les bénéfices financiers en augmentant de manière conséquente le précompte mobilier sur les intérêts versés, et, en particulier, sur les intérêts colossaux que nos pouvoirs publics paient sur leur dette.

Vincent Granville.

 
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