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CG du 26 octobre 2013 – Mon intervention

Publié le 26 octobre 2013 par dans Discours

Chères Amies, Chers Amis,

Après ce tableau, très sombre, brossé par Frédérique, je vous demande de ne pas céder au défaitisme car notre Wallonie a les moyens d’en sortir si elle prend les bonnes décisions… Et c’est nous qui initierons le mouvement !

Je suis certain que, toutes et tous dans cette salle, vous vous sentez concernés par l’emploi… Certains d’entre vous en cherchent, d’autres souhaitent conserver leur situation et obtenir éventuellement une promotion… D’autres encore ont décidé de voler de leurs propres ailes en créant une entreprise.

En Wallonie, il y a lieu de créer et développer des entreprises pourvoyeuses d’emplois… Ce sont, en effet, elles et non les pouvoirs publics, exsangues, qui offriront les nouvelles opportunités.

Et, à ce niveau, il y a beaucoup de choses à changer…

Commençons par le début : la création d’une entreprise… Savez-vous que, actuellement, un chômeur, qui souhaite devenir indépendant, commence par perdre ses allocations et se voit réclamer des cotisations sociales. En gros, avant d’avoir commencé, il a déjà perdu plus de 16.000 euros la première année !

Nous devons supprimer cette pénalisation contreproductive afin que les entreprises qui offriront les emplois de demain puissent naître… N’en déplaise à certains de nos Ministres actuels, l’esprit d’entreprise ne se nourrit pas de beaux discours mais bien d’actions concrètes !

Ensuite, nous devons aider nos petites entreprises, qui, rappelons-le, constituent plus de 90 % de notre tissu économique, à se développer… Ce qui nécessite de mener plusieurs actions de front.

Enfin, il faut veiller à ce que le dynamisme ainsi généré puisse créer des emplois, ce qui nécessite une information des entreprises et demandeurs d’emplois, ainsi qu’une mise en adéquation des compétences avec les opportunités d’emplois.

Voyons maintenant comment les FDF proposent d’atteindre cet objectif.

L’objet de cette matinée étant la Région Wallonne, je me contenterai de citer quelques mesures phare de notre programme relatif aux autres niveaux de pouvoir…

Ainsi, au niveau Européen, il faudra, tout en maintenant une nécessaire rigueur budgétaire, mettre en place une politique de croissance volontariste et ambitieuse ce qui est, d’ailleurs, le cas dans tous les Pays qui progressent… Au Fédéral, il est impératif de réduire fortement la fiscalité et la parafiscalité qui frappe les revenus du travail… Notre Pays caracole en tête du classement Européen avec un coût, pour un pouvoir d’achat de 100 €, de 252 € contre 194 € au Pays-Bas et 175 € au Danemark pour citer deux Pays disposant d’un système de protection sociale équivalent au nôtre… Ce qui a pour conséquences inévitables une prime à la délocalisation des activités et une pression à la baisse des salaires nets. La Fédération Wallonie-Bruxelles devra, elle, travailler à l’amélioration de notre enseignement.

Revenons maintenant à la Région Wallonne et aux leviers qu’elle devra actionner.

Tout d’abord, nous ne rejetons pas le Plan Marshall, qui a le mérite d’exister, mais il y a lieu de le réformer en profondeur. Nous devons diminuer la part consacrée aux discours et séminaires ne débouchant sur rien pour orienter les efforts vers des actions concrètes qui profitent directement aux entreprises et à l’emploi.

J’ai, en tant qu’entrepreneur indépendant, participé à de nombreuses réunions et je vais vous raconter une petite anecdote révélatrice de la situation… Pas plus tard que la semaine dernière, je remettais, en ma qualité de sponsor du Grand Prix Wallon de l’Entrepreneuriat, le prix du jeune entrepreneur à la société Isohemp… Et lorsque Barbara Louys lui a demandé si les aides de la Région l’ont aidé à mener à bien son projet, il a répondu par un silence qui a embarrassé une partie des 600 personnes présentes pour finalement concéder, suite à l’insistance de notre présentatrice, que la Région l’a aidé mais que, même sans ce support, il aurait mené son projet à bien

Oui, donc, à un Plan, aux Pôles de Compétitivité, mais il y a lieu d’affecter nos moyens là où ils sont les plus efficaces. Toute action doit être évaluée et ne doit être maintenue que si elle débouche sur des résultats concrets en matière de développement économique et d’emploi. Nous ne voulons plus que l’argent de tous les Contribuables soit consacré à organiser des réunions ou à rédiger des rapports qui finiront dans des tiroirs poussiéreux en enrichissant, au passage, des consultants.

Afin de déterminer les actions à mener, nous utiliserons la seule méthode efficace, à savoir aller à la rencontre des entreprises et leur demander ce dont elles ont besoin pour prospérer, tant au niveau des infrastructures des zones économiques que des besoins financiers ou, encore, des souhaits de partenariats ou contacts commerciaux.

A titre d’exemple, une partie du mal Wallon réside dans le fait que les entreprises sont sous-capitalisées. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que des Sociétés d’Investissement Publiques, comme Namur Invest, avaient été créées. Malheureusement, au fil du temps, ces sociétés se sont mises à agir de plus en plus comme des banques, en proposant des prêts en lieu et place de prises en capital, et nous suggérons donc qu’elles reviennent au rôle pour lequel elles avaient été créées.

Une autre caractéristique du tissu Wallon est la très petite taille des entreprises… Cette dernière procure souplesse et rapidité d’action mais constitue une faiblesse à d’autres niveaux. Il est donc nécessaire de fédérer les efforts pour conquérir des marchés ou susciter des collaborations qui déboucheront, par exemple, sur une intégration verticale qui permettra de commercialiser des produits finis à plus haute valeur ajoutée, tout en créant de l’activité et, donc, de l’emploi.

Le commerce de proximité, secteur important qui représente 8.1 % du PIB Wallon et 120.000 emplois, figure aussi parmi nos priorités. Ce secteur est actuellement en difficulté au point que, interrogés par téléphone, 48 % des commerçants se disent en danger… En vous promenant dans nos villes et villages, vous remarquerez d’ailleurs que le taux de cellules vides est de plus en plus important, 13.5 % selon une étude de l’UCM, et qu’il y a lieu d’agir.

Comment ? Ici, la meilleure manière de procéder est de travailler avec les commerçants et les communes afin de rendre les zones concernées plus attractives, par exemple, au niveau de la mobilité ou de la promotion, l’aménagement et la sécurité des noyaux commerciaux. Chaque commune devra également disposer d’une liste des commerces manquants afin que ceux qui désirent s’installer sachent où ils pourront trouver les meilleures opportunités.

Avec, entre autres, le vieillissement de la population, les entreprises d’économie sociale trouvent toute leur justification et nous devons veiller à leur donner un cadre qui leur permettra de développer leurs services au profit de la collectivité, notamment dans le secteur de l’aide aux personnes. Divers leviers pourront être utilement activés comme, par exemple, une participation au capital ou un accompagnement à la gestion. Nous avons également, tant pour des raisons sociales qu’économiques, intérêt à instaurer une « assurance autonomie » qui ouvrira les services au plus grand nombre avec, comme vous vous en doutez, de nombreux emplois à la clef.

Ceci ne constitue que quelques points de notre programme de redéploiement économique… Et vous aurez compris qu’il y a lieu de mettre en concordance l’offre et la demande d’emplois.

Comment ?

Tout d’abord, il faut informer les employeurs et employés en veillant à ce que les données présentées soient fiables et mises à jour. C’est tellement évident que je suis certain que la plupart d’entre vous sont en train de penser que ces informations existent… Malgré les progrès de l’informatique, ce n’est toujours pas le cas et il n’est pas rare que les compétences affichés soient incorrectes ou, du moins, incomplètes.

Ensuite, nous veillerons à ce que chaque demandeur d’emploi puisse bénéficier d’une formation en adéquation avec les besoins actuels et futurs des entreprises, en mettant l’accent sur les 43 fonctions, très variées, en pénurie de main d’œuvre. Ici aussi, c’est tellement évident qu’on se demande pourquoi ce n’est pas le cas… Et, à l’analyse, on se rend compte que le problème réside au niveau des mentalités et d’un certain conservatisme qui tend à garder les choses telles qu’elles ont toujours été… Nous aurons le courage de supprimer les formations qui ne mènent plus nulle part et qui, de ce fait, utilisent inutilement des ressources humaines et matérielles tout en donnant de faux espoirs à ceux qui les suivent… Et nous concentrerons les efforts là où c’est nécessaire tout en veillant à ce que nos instituts de formation professionnelle utilisent les outils les plus récents et optent pour des méthodes qui ont prouvé leur efficacité comme la formation en alternance.

Notre programme est ambitieux, novateur et réaliste… Avec les changements que nous proposons, l’objectif de 50.000 nouveaux emplois est à notre portée !

En Wallonie, nous ne sommes encore qu’une petite force politique mais notre détermination, combinée à notre liberté d’action, fera de nous le catalyseur des changements qui rendront à notre Région la place qu’elle a toujours eu et que nos concitoyens, fiers, courageux et compétents, méritent amplement !

En 2014, vous aurez le choix entre le marasme et l’espoir qui, lui, a la couleur amarante !

Vincent Granville.

 
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